Abu Simbel أبو سنبل, Egypte (ou Les Quatre Sentinelles)


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Africa » Egypt » Upper Egypt » Abu Simbel
November 22nd 2021
Published: November 25th 2021
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21 - 22 Nov



Dernier poste frontalier avant de rejoindre le Soudan, Aswan est une ville commerciale hautement stratégique.

Pour les marins du sud, la ville a toujours été un passage obligé pour rejoindre la Méditerranée par bateau.

À des milliers d'années déjà, les commercants remontaient le Nil d'aussi loin que de l'Éthiopie ou de la Tanzanie (le Nil est le deuxième fleuve le plus long du monde après l'Amazone... fleuve qui le dépasserait en longueur d'à peine 140 mètres).

Le Royaume des Pharaons accueillait alors les voyageurs par un puissant avertissement: les grottes d'Abu Simbel, et particulièrement ses quatre immenses statues de pierre, les prévenaient de la grande puissance de Ramsès II.

Postés à l'entrée maritime de l'Égypte, les colosses d' Abu Simbel fascinent depuis leur découverte en 1813.

...

(Toujours sur Elephantine Island)

Mon cadran résonne dans la noirceur de ma grande chambre vide. Il est 3AM.

Les quatre chiens de Hamo ont protégé leur territoire une bonne partie de la nuit encore, en jappant des menaces de sous ma fenêtre. Il y a eu du conflit et de la morsure. Des barbares canins tentent d'envahir les alentours de l'auberge depuis mon arrivée ici, et les hostilités semblent s'empirer jour après jour, dès que le soleil disparaît sous le Nil.



Hamo se lève aussi et me fait un de ses cafés sédimentaires qu'il semble ne jamais filtrer.

Sous le rai de sa lampe de poche, l'hôte me guide vers les quais, là où il a mandaté un jeune batelier (possiblement son neveu) devant me faire rejoindre un minibus à touristes m'attendant sur la corniche d'Aswan.



Tout se déroule comme prévu et, dans la noirceur, j'entre dans l'autocar.

Sur la banquette arrière, un jeune couple français roupille. Il s'y trouve aussi une famille de Mumbai en vacances et une allemande avançée en âge au bras d'un trop jeune égyptien.

Je suis le seul touriste au sourire caché derrière son masque à Covid.

Je ne sais pas si je me trouve trop prudent ou plutôt ridicule.

Hamo fatigué, lui, retournera sur Elephantine, renettoyer la maisonnette pour des touristes qui n'arriveront peut-être jamais.



On démarre: il est 4AM.

Sur la longue route de la corniche, quelques voitures nolisés, des minibus et des gros mastodontes à touristes s'activent et s'élancent aussi vers la sortie de la ville, tout au sud.

On est somnolent alors que nous berce l'incompréhensible poésie du Coran que chantent les hauts parleurs crevés de l'engin.



Passé l'imposante digue d'Aswan, notre convoi s'accroche à la longue route incisant le granuleux désert de Libye.

Tout a disparu dans le décor. La faible clarté de la pleine lune adoucit l'angle des petites butes rocailleuses qui s'étirent au loin sur l'hamada comme une chair de poule.

De l'autre côté du minibus, une rangée de pylônes électriques remontent la route depuis les grand barrages.

Nous roulerons pendant trois heures dans le néant, passant par le Lac Nasser puis rejoignant presque le Lac Nubia et la frontière soudanaise.



Solidement engourdis, nous débarquons du bus juste à temps pour l'ouverture du site protégé par l'UNESCO.

Avec nous, plusieurs dizaines de véhicules se vident aussi de leurs touristes.

Presqu'aussi populaire que le Sphinx au Caire, Abu Simbel n'est jamais oublié des Tours Opérateurs.



Le soleil aveuglant réchauffe déjà intensément le désert autour, alors qu'il n'est que 8h du matin.

En troupeau, on s'élance tous d'un pas pressé vers les grottes et les imposantes statues de Ramsès II: le site va très rapidement se remplir de visiteurs.

Les colosses apparaissent en Goliath au tournant d'une colline: 4 puissants golems de pierre trônent ici depuis des millénaires, face au Nil que les gros barrages ont désormais gonflé en lac.

Abu Simbel m'impressionnera davantage que Giza et le Sphinx.

Tout autour, ça se selfise et ça s'instagramme tout autant qu'aux pyramides: il faut bien être de son temps.



Pour le retour vers Aswan, la température aura considérablement fait grimper les thermomètres: la chaleur m'aura vidé de mon eau.

Déshydraté, je sors sur la corniche d'Aswan après un autre trois heures d'assommants kilométrages.

Vertige: 6 heures de route pour 1 heure d'Abu Simbel. Le site est définitivement perdu au bout de tout.

...

De retour chez Hamo, je reprend quelque peu mes esprits en allant me dégourdir les jambes au jardin botanique, situé sur une île isolée juste devant mon auberge.



Ce soir encore, mon demi-sommeil sera une fois de plus bercé par les voix vacillantes de l'appel à la prière, comme dans l'autocar au départ vers Abu Simbel. Sortis du bouts des tours de la rive populeuse d'Aswan, les marmonnements voyageront en écho le long du Nil, avant de se déployer sur les dunes et de se rendre jusqu'à Allah.

Les chiens-sentinelles hurleront à la lune. Ce soir encore.

Ils sont trop jeunes pour comprendre que la vibration des milliers de voix ne s'arrêtera pas de si tôt sur l'Égypte.



Demain: Je quitte enfin Elephantine pour un 2 jours et 2 nuits de croisière en felouque sur le Nil. Je remontrai doucement le fleuve en direction de Luxor.



Etienne X

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26th November 2021

Soudan
Merci pour le cours d histoire et tu fais bien de garder le masque anti COVID car il y a présentement un variant dans le sud de l Afrique qui empêche les avions d y accéder. Tu sembles passer de bons temps et au plaisir d'avoir de tes nouvelles

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