J ai plus tenu de journal a jour, il m est donc difficile de rétablir les dates...
12 avril
Ça y est c est parti pour un petit tour dans l intérieur du pays a la cueillette des pommes. Mais avant d'y arriver, il faut se taper la matinée de trajet en train et bus. Le trajet en train passe relativement rapidement. Je passe les trois heures de trajet à discuter avec ma voisine de siège. Elle me raconte les voyages qu'elle a faits, la vie qu’elle mène, sa famille, ses points de vue sur les européens.... bref le bla bla agréable habituel. Au moins le fait d être étranger en Australie m'évite de parler de la pluie et du beau temps... Le train m amène a Bunbury, une petite ville de 60000 habitants qui est quand même la deuxième ville de l'Australie occidentale après Perth
Le trajet en Bus est quant a lui beaucoup moins amusant... je suis assis a cote de ce qui me semble être un étudiant qui a l air d étudier... d ou ma déduction... que je suis trop bon, j aurai du faire policier.... Le bus m amène a Mullalyup (je n essaye
même pas de prononcer) qui est un coin paume "in the middle of nowhere". Je me rends vers le backpacker qui ne serait pas si mal si on m avait mis dans une chambre de quatre lits. Mais non... toutes les chambres sont prises et il reste un sorte de grande véranda avec une petite quinzaine de lits.... ben voyons, plus on est de fous plus on rit et moins on dort... Je fais une rapide prière pour qu'il n'y ait pas de ronfleur dans ce dortoir.
Sinon, l endroit est calme... on pourrait difficilement faire plus calme et la vue est sympa. Il y à le minimum de confort nécessaire (j ai bien dit le minimum pas le maximum!). Comme je suis la assez tôt, il n y a encore personne et j ai tout le loisir de comprendre que c est un endroit ou il vaut mieux travailler si on ne veut pas mourir d ennui.... Or il se trouve qu’on est jeudi et que mon boulot ne commence pas avant lundi.... super!!!... Faut voir le bon cote des choses, j aurai tout le loisir de finir mon bouquin, de dormir 15h par jours et de me
dortoir de 15 personnesvoici un des coin du dortoir- qui se transforme en frigo la nuit pour tenir les travailleurs au frais. Histoire qu'ils ne perissent pas d'ennui. WAW, quel poete je fais. mon lit est au celui du fond,
... [more]promener...
Dans l après midi, la tenancière du backpack me propose d aller faire des courses. Étant donne que le supermarché le plus proche ne se trouve pas à moins de 20km, je suis reconnaissant de l invitation. Moi qui ait l'habitude de faire les courses au jour le jour, j ai pas facile a faire des courses pour une semaine... vraiment pas facile. Donc je me résous à bouffer des pâtes pendant une semaine et prend assez de pain et de Nutella pour avoir un bon petit déjeuner.
En revenant des courses, je fais tout doucement la connaissance avec les autres backpacker. Il y a un paquet de Français, un italien, deux ou trois néerlandais, des allemands et des asiatiques ainsi que des irlandais fort sympathiques.
L'ambiance est bonne, c est au moins une bonne nouvelle...
Au fur et a mesure de la soirée, je me rends compte a quel point cet endroit n est utile que pour travailler... Je passe les détails sur l utilisation d'une cuisine pour une trentaine de personnes, une télé qui me rappelle notre ancienne télé ou les couleurs disparaissaient petit à petit... Il y a trois chaînes télé avec de
la neige, un lecteur dvd et un lecteur de cassettes vidéo.
Vers 20h, 2/3 des personnes sont couchées car elles doivent se lever à 5h30 du matin. Vers 9h, seul les braves restent tandis qu’à dix heures on peut entendre les moustiques et les mouches voler.
N étant pas encore dans ce rythme de travail, je vais me coucher avec les braves après 22h en regardant une des cassettes vidéo a disposition.... je sens que je vais m ennuyer sévère ici...
13 Avril
J’ai passe une mauvaise nuit car évidemment dans un dortoir de 15 lits dont 15 mecs, les chances de ne pas avoir un ronfleur sont très minces.
Le lendemain, je me lève royalement vers 11h du mat me disant que plus tard je me lève, moins longue sera la journée. Je passe ma journée à lire et à me promener en attendant le retour des autres. Les occupations de la soirée varient suivant les personnes. Il y ceux qui lisent, ceux qui cuisinent de bon et long petit plats, ceux qui regardent la télé ou un film et ceux qui discutent pour passer le temps. Il y a royalement deux ou trois
in the middle of nowhere - cuisineune cuisine pour 30 personnes... les frigots sont a gauche... faut se battre pour y trouver une place. Comme toujours, plus l endroit est pourri, meilleur est l ambiance, heureusement, sinon ce serait
... [more]jeux de société... dont un jeu d échec. Je décide pour ce soir de faire parti de ceux qui discutent.
Le coin est plutôt frisquet car l hivers arrive. Dans le dortoir il fait froid, il n'y a pas de chauffage... ben oui c est normal... après tout pourquoi aurait on besoin de chauffage... si on n’est pas content c est le même prix après tout.
Faut dire qu’il ne m a pas fallu longtemps pour comprendre la mentalité des fermiers du coin et de ceux qui logent les travailleurs. L idées est que la main d œuvre est facile a remplacer, donc on peut se permettre n importe quoi... par exemple faire payer 150$ la semaine pour un lit dans un dortoir de 15 personnes sans chauffage dans un bled paume ou le magasin le plus proche est a 20 km. Histoire de profiter de la situation, faire les courses une fois par semaine coûte 6$ car il faut prendre le bus. Internet ne coûte que la modique somme de 6$ (2 fois le prix normal) de l heure avec une lenteur rendant pratiquement impossible de poster des photos.... bref le bonheur intégral. N'empêche, cela me permet de comprendre une chose. L analogie est fortement exagéré, mais dans ces pays où la main d œuvre n’est pas chère et facile à remplacer, le sentiment doit être le même. Seul la solidarité et le fait de se faire des amis permet de résister l ennui total. C est probablement ce qui me fera rester dans le coin.... Je ne sais pas si c est partout comme ça, mais en tout cas ici j ai vraiment l impression de n être que de la main d œuvre pas cher... sentiment pas très agréable.
14 Avril
Bouquin terminer, j en prend un dans la petite bibliothèque de l hôtel et continue la lecture.
La journée se passe très lentement. Le soir, heureusement, nous décidons et moi aussi de passer une soirée à boire... je ne me reconnais pas, mais au moins on s amuse et demain c est dimanche. Le vin est une piquette pratiquement imbuvable et j ai déjà peur pour le lendemain. On joue a des jeux d alcool jusque tard dans la nuit et je me sens plutôt bien sans être totalement saoul... par contre les asiatique sont vraiment marrant lorsqu’ ils sont mort torche.
Arrive dans mon lit, les problèmes commencent, tout commence à tourner et je sens que je n arriverais pas a courir jusqu’ au toilettes... j ai juste le temps de trouver mon sac en plastique de linge salle dans mon sac a dos, de le vider sur le sol et de remplir le sac avec tout ce que j avais pu avaler ces derniers jours.... Amis de la fraîcheur bonjour. Curieusement personne n a remarque... tant mieux, en tout cas je suis content de ne pas avoir remis sur le sol ou dans les draps, j aurai être vraiment bien emmerde.
15 Avril
Avant de me lever, je vérifie que je n avais pas rêvé et que malheureusement j avais bien été malade cette nuit. Je constate par la même occasion que je n avais pas été aussi précis que je pensais et que malgré tout j ai un peut dépasser du sac plastique sur le drap et sur mon sac de ville.... pas grand chose... mais tout de même. Je suis bon pour demander un nouveau drap. Je me lève finalement et jette discrètement mon sac a vomit dans une poubelle éloignée du dortoir... Je ne suis vraiment pas bien, mon estomac n est pas rétabli et j ai la barre en travers de la tête.... impossible de lire. La journée se passe à moitie comateux et surtout je ne parle pas trop et ne bouge pas trop. Heureusement je ne suis pas le seul dans le cas....
16 avril
, ça y est, je vais commencer à travailler. Levé a 5h30 du matin... il fait froid et noir, heureusement que j ai pris ma douche le soir... je fonce vers la cuisine manger mon petit dej et préparer mon lunch avant d entrer dans le bus qui nous amènera sur le lieu de travail.
Arriver sur le lieu de travail, le fermier commence un speech que je n aime pas trop. Si vous ne travaillez pas assez vite, vous serez renvoyé, si vous ne faites pas ceci ou faites cela ou bla bla bla... bref 10 ou 15 min de menace histoire de nous faire comprendre qu’à la moindre erreur ils changent la main d œuvre... "Merci pour l accueil, connard"... je sais c est pas très gentil mais c est ce qui m est venu a l esprit sur le moment.
Vers 7h30 après une rapide introduction sur la délicatesse à adopter quand on prend les pommes, le boulot peut commencer.
Le problème, est que les pommes ne sont pas encore prêtes et comme elles doivent avoir un certain calibre et une certaine couleur, on cueille 3 pommes par arbre... sans rire, 3 pommes par arbre.... autant dire que c est chiant, barbant et long... mais pas trop fatigant ni difficile sauf si comme moi on doit se trimballer une mini échelle qui ne sert pratiquement a rien.
L avantage est qu’on peut discuter... ça c est cool, je fais la connaissance des gens de mon groupe de 10 personnes et nous discutons toute la journée tout en prenant des pommes. J en bouffe aussi un paquet astronomique... cool elles ne sont pas encore mure... parfaites pour moi.
Le soir douche, bouffe, discute, film (la Vita Bella... tiens ça me fais penser a quelque chose)... et dodo a 9h30... ce qui semble être la routine à atteindre.
17 avril
Le lendemain rebelote, jusqu’ a 3h cette fois-ci. Car, oh merveilleuse surprise, le boulot est termine pour la journée... tient tient, mais alors pour demain?
Le fermier nous réuni tous et nous tient au courant de la situation... "Cette une mauvaise année pour les pommes et donc malheureusement, indépendamment de ma volonté mais a cause de la nature, il n y a plus de boulot jusqu’ a lundi prochain... je suis désole de l inconvénient que cela peut occasionne chez certain d entre vous. Cependant, je vous promets que lundi prochain il y aura du boulot pour chacun d entre vous.", "Il y a malgré tout du boulot pour 5 personnes (parmi 30 personnes) que ceux qui veulent travailler lèvent la main" ... évidemment tout le monde lève la main, alors le fermier décide de faire cela honnêtement : " bon! Formez des groupe de 5 personnes, la personne du groupe qui devine le nombre que j ai en tête en 1 et 20 pourra travailler demain"... je ne relève pas et décide de jouer le jeu, après tout je suis la pour travailler... Evidemment, les jeux et moi ça fait deux, donc je perds et suis bon pour m emmerder a mes frais jusqu’ a lundi prochain... le bonheur intégral quoi...
Mon opinion personnel est la suivante, ce salopard savait très bien que les pommes n étaient pas prêtes... faut pas me prendre pour un con tout de même!, seulement il avait besoin de faire la cueillette de pommes pour l exportation le plus vite possible... s il avait dit a la base que le boulot ne serait que pour deux jours, personne ne serait venu dans ce patelin paume, ça serait revenu trop cher pour deux jours.... ce que je déteste le plus, c est l arrogance, le foutage de gueule, le total manque de respect qu’ il a eu pour ceux qu’ ils paye le minimum impose par le gouvernement... bref, un connard de la plus pure espèce.... je le verrai bien chef de chantier a Dubaï ou un autre coin du genre....
Voila ce qui conclu ma superbe première expérience dans le fruit picking.... pas très bonne je le crains. Je dis qui conclu car je n ai évidemment pas l intention de travailler pour un connard, j ai ma fierté et assez d argent de cote pour m en passer pour le moment. Ce qui fait mal, ce sont ces jeunes qui sont venu se taper se boulot de merde histoire de se renflouer car ils n ont pas beaucoup d argent... et on les traite comme de la merde...
Quand a moi, j ai pas du réfléchir longtemps ce jour la pour savoir que j allais pas rester dans ce patelin, même si j apprécie énormément les jeunes voyageurs qui sont ici... l ambiance est totalement différente de la ville... ça fait plaisir... dommage que ce soit pour des connards pareil... quand je suis hors de moi, je deviens vulgaire...désole!
18 avril
Je reste dans la ferme, j avais payé une semaine, donc je ne partirai que demain... Ça ma coute assez cher comme ca cette connerie... les deux jours de travails m ont juste rembourse le logement, même pas les pâtes.... coooool!
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Saluuut vieux, 'tain apparement le mec là-bas n'a pas raté son coup...bonne expérience, démoralisante mais bonne. Cela montre un aspect de la réalité, ce que les gens vivent en général lorsqu'ils sont à la merci de quelqu'un car pas de ressources. Futal les gens restent humains avec leurs sales côté...quant on imagine les cueilleurs africains dans les serres espagnoles du sud...pffff...c'est encore pire...Preuve est que trop de pouvoir pour une personne n'est jamais bon. Ouaips suis aussi énervé ;o) Sinon, je pense que tu fais bien de partir...ce type d'histoire sont bonnes à se faire mener en bateau pendant des semaines! Courage !!! Ici c'est le match Sarko le facho contre Sego la travelo ;o) Le choc des titans....!! A bientôt hô toi le KOALA empereur des KANGOUROUS...et arrête les jeux de boissons, t'as pas l'air d'assurer ;o) Ciao
Salut Marcos. j ai eu des nouvelles... la semaine suivante, ce salaud de fermier a recommencer a faire un sale coup... n ayant sois-disant pas assez d argent pour payer tout le monde, il a demande a certain de travailler par contrat... c'est a dire qu au lieu de les payer a l'heure 16$ brut, il les paye par quantite... or les pommes n etant toujours pas bonnes, ils se font avoir... ils se tapent des salaire de 50$-80$ brut par jour au lieu de 128$ brut par jour.... C est vraiment un enc....
Enculé de fermier... t'inquiète pas. Cherche plutôt un ptit boulot dans un bar... ça te permettra de faire pas mal de rencontre... et t'auras ptetre tes journées de libre pour continuer tes visites.
Je ne m'inquiete pas, je ne fais que vous tenir informe de mes aventures... je vais trouver, c est certain! pas de soucis.... de toutes facon, meme si je ne trouve pas ici, je me casse ailleurs... c est tout le plaisir d etre completement libre et de ne pas etre totalement sur les reserves... Mais merci quand meme pour les messages ca fait toujours plaisir de se sentir soutenu.
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