Pokhara, Népal ( Relax Tax ou le Prix à Payer )


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Asia » Nepal » Pokhara
April 8th 2007
Published: February 14th 2013EDIT THIS ENTRY

8 avril:

On découvre Pokhara aujourd’hui. La ville paisible se repose sur le bord d’un lac entouré de montagnes enneigées. C’est calme. On va en profiter pour relaxer.

On devrait rester ici pour la prochaine semaine. Tant mieux car l’étape suivante de notre périple est de s’attaquer à Vârânasî, la ville la plus sacré de l’Inde. Située dans l’État de l’Uttar Pradesh, Vârânasî compte plus de 166 millions d’habitants.

Et pis on s’est informé et c’est 18 heures de bus pour s’y rendre.



Un six mois de voyage, ça en fait des heures passées dans les transports ça!



9 avril:

En matinée, on grimpe la colline surplombant le lac central de Pokhara pour y rejoindre le "World Peace Pagoda" tout en haut.

"Hello! Where com from? What’s your name? Eat water? (!?!)" que nous cries des enfants flambant nus pataugeant dans une rivière boueuse. Phrases apprises par cœur à l’école.



La vue est magnifique du haut de la colline. Ça fait comme un collage: nuages, montagnes de neige, collines verdoyantes, blocs de béton qui forment une ville et un lac en miroir. On prend quelques photos du bricolage naturel et on redescend dans le mouvement humain tout en bas.



Alors qu’on descend une pente, on croise une fillette un peu malpropre qui tente de nous vendre un verre de lait à l’arôme de crème et de gastro. Le liquide blanchâtre est entreposé dans une canisse d’huile éventrée.

Je refuse l’offre. C’est tentant… mais je préfère vivre mes dernières semaines de vacances en santé.



De retour à Pokhara, on se fait surprendre par la pluie d’un ciel qui gronde. C’est la troisième journée orageuse en ligne. C’est le printemps qui nettoie aussi le Népal.



Je me commande une grosse bière au souper. J’en parle parce que c’est la première quille que je m’offre depuis ohhhhh plusieurs semaines. C’est pratiquement une cure de désintox depuis six mois. Mais bon, pas d’inquiétude, je m’y remets sérieusement dès mon retour.



Je peux maintenant vous l’avouer, j’ai l’impression d’être réellement en vacances que depuis quelques jours seulement. Ouaip. C’est vraiment paisible Pokhara. Mais tout est un peu plus cher qu’ailleurs au Népal et en Inde.

J’appelle ça la "Relax Tax".



10 avril:

Enfin, une journée à brunir sous le soleil. Je me tremperais bien dans une piscine de sauce barbecue. J’ai la peau qui transpire comme le poulet d’une rôtissoire.



J’entends une chèvre qui pleure au loin. Elle est sûrement face à un coin et ne sait plus trop quoi faire.

Mouaip.



C’est l’heure du lunch. Je m’amuse à m’enfouir une tranche de concombre dans la rousseur de mon pinch… et de voir si les passants le remarque. Moment de folie. J’aimerais bien mettre ça sur le dos de l’altitude mais on est qu’à 884 mètres. C’est sûrement la chaleur. Oui, c’est ça. Je suis déshydraté.

Une femme s’assied alors dans les marches du resto. La quêteuse semble avoir un boulon un peu lousse. Elle pouffe de rire. Le vent semble lui avoir raconté une blague.

Mais c’est que les serveurs n’aiment pas beaucoup sa présence: elle fait fuir les Foreigns aux grosses devises.

Le proprio en a marre. Il s’arme soudainement d’un manche à balai et frappe littéralement la folle clodo.

Clac! Clac! comme on fait fuir un chien.

Il faut être ici pour comprendre... mais dans ce coin du monde, il y a une caste au même niveau que les animaux. Ce n’est que survie en pleine rue.



11-12-13 avril:

Trois journées de pure relaxation. Les longues marches dans les villages se succèdent et les randonnées en chaloupe sur le lac Phewa s’accumulent.



Je dors l’équivalent de douze heures par jour.

J’imagine que ce sont les angoisses des derniers mois qui viennent de lâcher prise.





…12 avril 2007, 5H00 Pm…

J’erre dans Pokhara, et je suis on ne peut plus smooooth. Je sors d’un commerce en sifflotant, les mains et la tête complètement vides....

Et Vlan! Le destin vient me pincer à ce moment-là!

Pas dans un trek, ni en sautant en parachute... mais là, alors qu’il n’y a absolument rien d’extrême... c’est là que je me pète une cheville!

CRAC! ont fait mes os.

Comme le son d’un sac de chips à moitié plein qu’on froisse avec rage.

Cââââââlissss.

Ça ne m’arrive jamais au Canada ces accidents... pourquoi ça doit m’arriver en voyage?





Je suis maintenant incapable de marcher sur mon pied droit.

Je dois me tenir sur une seule patte comme un flamand rose.

Merde.

Et la glace qui fait plus ou moins désenfler l’extrémité de ma jambe.

Merde.

Fissure, Fracture, Cassure... j’en suis sûr! (Pourquoi doit-on toujours s’imaginer le pire quand on se blesse?)



Malheureusement, on doit se rendre à l’hôpital népalais pour calmer mes inquiétudes.

Bon.

Mais heureusement, les résultats de la radiographie me font sourire. Ouf. Je m’en tire qu’avec un ligament déchiré. (Là... c’te bosse là... n’est-ce pas un os qui veut sortir ça?).



Vous pouvez vous imaginer, ça complique un peu notre plan des semaines à venir toute cette histoire.

Je dois éviter la marche pour les prochains jours.

Je suis donc condamné à la lecture et à la télé en népalais.



Vârânasî va devoir attendre faut croire!



Note à Moi-Même :

" Eh ho... Marilou... peux-tu aller m’acheter un Coke? "



14 avril:

Mon pied a perdu un peu de son enflure ce matin.

Bien.

" Marilou... ch’peux-tu avoir ma bouteille d’eau c’te plaît? "

Je me sens un peu comme dans le livre "Misery" de Stephen King.

Bon.

Qu’est-ce que je peux faire? Écouter la télé ou lire un peu?

J’empoigne le "remote control" et je fais le tour des postes.

Mon choix s’arrête sur un tournoi de fléchettes sur le "Sports channel".

Mon livre n’est pas trop loin... en cas d’urgence.



Note à Moi-Même:

Bonne année! On est le premier de l’an au Népal. On est en 2064.



15-16 avril:

Ce sont nos deux dernières journées à Pokhara.

On dit au revoir aux gens qu’on a côtoyés durant la dernière semaine :

bye barbier muet, bye presseur flâneur de jus pressés, bye familiers commerçants inconnus, bye quêteuse aux ongles des mains longs comme des serres de vieille rapace.

Au revoir lac aux sangsues. Au revoir calme et sérénité. Au revoir Népal.



Demain, à 6H30 Am, on se lancera dans un 8 heures de bus jusqu’à la "Sunauli border" (frontière Népal / Inde)… pour se relancer dans un 11 heures de bus jusqu’à Vârânasî (Inde).

Maintenant que je remarche et que j’ai quitté ma jambe de bois, on pourra retourner à la folle anarchie indienne.



Note à Moi-Même:

À Pokhara, ce soir-là, je me suis laissé tenter par une autre coupe de cheveux " à l’étranger". Ce que je porte maintenant sur la tête est "étrange" en effet. On ne crée plus ce type de coupe au Canada depuis belle lurette. Même ici, la technique n’est léguée que de père en fils.

Je suis privilégié. Je porte en guise de tignasse un art sur le point de disparaitre....



EtienneX l’éclopé


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