Of gods and mushrooms


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Japan's flag
Asia » Japan » Osaka
March 26th 2012
Published: April 2nd 2012EDIT THIS ENTRY

La version française suit.



Coming and going we forget how time flies. Not too long ago I was working on a mushroom farm. Now I am in Osaka working part time teaching English to Japanese children (with song and dance of all things). Our hosts were really kind to us and we will miss them greatly. Looking back at the three weeks I spent at the Iisaka residence it seems almost like a dream. It seems like a dream because it’s like we stepped in and out of a different world that I now keep only in memory. It was more than a glimpse into the lives of others. Living with this family and living as they did offered a quick look into the infinite variability of possible existences. I understood half of nothing and probably misunderstood more, but it was enough to peer into a different rhythm of life. I guess when you travel you should see this all the time, but I think it really is different when you stop and live like someone else for some time. Still, apart from getting a glimpse into the rhythm and organization of time in the life of small
Iisaka's family HouseIisaka's family HouseIisaka's family House

That's were we lived!
size farming I can’t say I have come to know this world. It is almost like wearing someone else’s shoes. You know they are not yours just by the way they feel on you, but then you feel the same way every time you get a new pair (except these ones are actually broken in for someone else). The brief experience only provides a hint of what it is to walk in those shoes, yet slip them on for just one second and you at least get a glimpse of what is similar and what is different. I hope a few photos can make you travel a bit too.



Another infinity altogether

Below Melanie covers much about some of the religious practices that our hosts were involved in. Their daily lives involved many religious rituals that Mel, speaking the language, understood better than me. I guess I felt more like a fish in a tank (or peering into a tank, whatever), I was passively observing taking in what I could but missing a lot as well. Still when we went to the temple and visited Koya-san with our hosts, we actually partook in some
De retour du champ!De retour du champ!De retour du champ!

Daikon Daikon Daikon!
of their rituals which obviously hold a lot of significance. I guess we both felt like we were navigating what Durkheim called the realm of the sacred and profane, not really knowing what was expected of us, fearing that we would accidently blaspheme. Yet being with our hosts it was strange to see to what extent we were aloud to partake. I was remembering how when I was young I was not allowed to do the communion at church until I reached a certain age, so I was a little surprised when I was asked to step up to the alter and transfer three pinches of incense after bringing them to my forehead. As a mean to encounter an expansion of human imagination that goes beyond the invisible, the religious realm is unmistakably another infinity altogether. But apart from the familiar sense of… “well this is different” I have also found (or rather rediscovered) a love for the ritualistic.



For an atheistic spiritualism?

Of course I don’t really believe in the spiritual or magical impact of these acts. I have been an agnostic for as long as I have learned to think for myself…
Au travail avec Makoto et MikiAu travail avec Makoto et MikiAu travail avec Makoto et Miki

Dried daikon!!! Daikon Daikon Daikon!
and I guess more times than not I find atheism to be the most rational answer. Yet the meticulous and ceremonious nature of ritualistic acts and the feelings that they can stir as you impart meaning upon them is truly human. Sure not all rituals are good (at least in my set of values). Some rites serve to mark power relations and are used to manipulate people by marking inclusion and exclusion to the group (I am thinking of a few Christian sects specifically). Yet much about simply lighting a candle, igniting incense from a mound of hot ashes or throwing a coin in a box and reflecting or praying is found in the simple act of carrying it through. Spirituality, serenity, a sense of being, these are all things our brains were wired to experience as significant. To me it goes far beyond the particular beliefs that are behind the acts. I have no more reason to believe in reincarnation, monks in eternal stasis or God for that matter, than say Santa Claus. But then maybe that belief doesn’t even matter, after all meaning is as fleeting as the wind. Is there room for spirituality in this postmodern world
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Relax sur notre patio privé. C'est qu'on est très fatigué après tout notre triage de daikon.
that is neither superstitious nor cooped by the Market? Probably and perhaps we just need to distinguish ritual and magic – significance and belief.

Julien

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Premièrement, mea culpa. Nous avons été lâches. Ça fait un mois que nous n’avons pas donné de nouvelles! Pour se faire pardonner, voilà une méga entrée!

J’ai souvent entendu dire que les Japonais, lorsque questionnés sur leur identité religieuse, répondaient qu’ils n’en ont pas vraiment. Et lorsqu’on est au Japon, on dirait bien qu’ils disent vrai : il y a des temples un peu partout certes, mais il semble que ceux-ci soient des reliquats du passé. Les Japonais semblent visiter les endroits à caractère religieux en tant que touristes de leur propre histoire, ou simplement pour la sortie du dimanche (il faut voir l’achalandage de Japonais au Parc du temple Meiji Jingu à Tokyo!). Aussi, ces temples sont tous des anciennes constructions. Ils sont entretenus mais il ne semble pas y avoir de nouveaux complexes construits. Bref, comparés aux Thaïlandais qui joignent leurs mains en prière chaque fois qu’ils passent devant une effigie de Bouddha ou devant un temple, les Japonais ne semblent pas très pratiquants dans leur vie de
Ojiichan sharpens a knifeOjiichan sharpens a knifeOjiichan sharpens a knife

Je suis assurée que c'est une de ses activités préférées.
tous les jours.

Eh bien, dans les deux dernières semaines, je me suis mis à me demander si les Japonais ne nous avaient pas un peu menti. Premièrement, il y a le kamidana et le butsudan, très souvent retrouvés dans les maisons familiales. Le kamidana est un autel shintô miniature qui sert à remercier les kami (esprits) de la maison pour leurs bienfaits et protection. Le butsudan, quant à lui, est un petit sanctuaire bouddhiste, servant à prier devant des icônes religieux et les emblèmes des ancêtres familiaux. Chez Makoto san, on y dépose du riz, du thé et toutes sortes de friandises tous les jours. Des membres de la famille et des amis viennent sur une base presque journalière rendre hommage à sa mère décédée l’an dernier. Imaginez ce que les gens dépensent en bouffe pour tous les autels des gens décédés qu’ils connaissent!

La vie « paroissienne » et villageoise est aussi liée de près au temple du quartier (il y en a au moins un pour chaque ville ou village, sauf pour les nouveaux quartiers). Quand un membre d’une famille décède, tous les gens de la paroisse donnent un montant d’argent à la famille du
En route vers le travailEn route vers le travailEn route vers le travail

C'est l'fun de se promener dans la boîte d'un truck :)
défunt en fonction de sa proximité avec le défunt. Quand c’est au tour d’une autre famille de perdre quelqu’un, on lui rend la pareille en redonnant ce même montant. Le prêtre du temple fait deux rondes de visite par année et vient faire une petite cérémonie devant chaque butsudan du quartier (en échange de dons pour le temple et d’une tasse de thé). Vous pouvez imaginer ma surprise quand un bonze est rentrer tout normalement comme un ami dans la maison et s’est mis à chanter des mantra dans le salon.

Les funérailles ici sont très complexes, je vais donc m’abstenir de les expliquer. Mais une fois toutes les visites et les déplacements du corps terminés, il sera incinéré et ses ossements iront se retrouver à différents endroits selon la partie du corps dont il s’agit. Certains demeurent dans la maison, d’autres au cimetière et les plus importants au temple principal auquel la famille est associée. Par exemple, des os de la mère de Makoto sont conservés au grand temple de leur famille au mont Koya, où se trouvent 117 temples et un immense cimetière. Ils vont y payer une visite quelques fois par année et le bonze de l’endroit offre une cérémonie (assez intense, pour y avoir assisté) à la mémoire de leur mère. Ils réparent et gardent en bon état les immeubles et les festivals se tiennent toujours autour de ceux-ci, et la popularité des événements reliés au bouddhisme et au shintoisme ne semblent pas s’effriter une miette au fil du temps. Aussi, lors d’une étape importante dans la vie, allant de l’achat d’un voiture à la mise au monde d’un enfant, les gens viennent donner des montants d’argent relativement élevés au temple pour demander la bonne fortune. C'est donc la population même qui finance les reconstructions et les réparations.

Toutes les icônes, les articles de dévotion, les rituels reliés aux facettes de leur pratique religieuse sont très complexes et dépassaient la limite de mon entendement quand Makoto essayait de me les expliquer. Disons qu’ils sont à un autre niveau que: le corps du christ, le tabernacle et la communion... Oui, la religion chrétienne détient aussi sa complexité, mais celle-ci n’est pas aussi appliquée dans les rituels. Enfin, elle n’est pas aussi visible je crois.

Donc, conclusion : les Japonais sont beaucoup plus « religieux » qu’ils n’osent le dire. Est-ce par humilité qu'ils n'en font pas étalage? C’est peut-être aussi la notion de « religion » qui ne colle pas parfaitement aux activités spirituelles des Japonais. Il semble que ces activités soient tellement journalières et imbriquées de façon naturelle dans leur horaire qu’on pourrait les comparer aux autres activités banales d’une journée, au même titre que se brosser les dents ou aller au dépanneur. Aussi, ils intègrent assez facilement des éléments de la culture moderne aux rituels : dons de bouteilles de Fanta au pied d’une statue de bouddha, temple à effigie d’Hello Kittie, etc. Ils ne semblent pas questionner ou mettre en doute la véracité de leurs croyances (si on peut les appeler des croyances). Je crois que si je leur posais la question à savoir s’ils croient vraiment en tout cela, ils me répondraient que ce n’est pas une question pertinente. À cette étape, ma compréhension du phénomène frappe un mur.

Je vous parle de Makoto depuis le début, sans vous l’avoir vraiment présenté. Nous avons participé à un wwoof chez lui et sa famille, sorte de homestay version travail chez un agriculteur bio en échange de logis et de nourriture. Et quelle nourriture! Wow. J’ai dû prendre 10 livres en un mois. En bref, nous nous sommes embarqués dans une petite routine journalière consistant à cueillir des shiitake, jeter des billots de bois dans la rivière, cueillir des daïkon et des carottes, nourrir le chien, sécher des shiitake et des daïkon, emballer le tout et aller le porter aux différents marchés du coin et du moins coin. C’était sympa, on vivait avec le père de Makoto qui se fait un peu vieux (il est aussi très drôle et fort attachant) et on lui faisait le souper le soir. Le midi, Miki san (la femme de Makoto) nous préparait des festins que je ne suis pas prête d’oublier. Makoto a d'abord été salary man avant de changer de devenir agriculteur, il y a 15 ans. Quand je lui ai demandé pourquoi il avait changé, il m'a dit que son coeur était plus léger, libre en tant qu'agriculteur, même si la paie moins grosse. Aussi, il est l'un des rares agriculteurs 100% biologique dans la région. Il me dit que c'était parce qu'il ne voyait pas le point de faire pareil comme tous les autres et que c'était la façon qu'il avait trouvé de se distinguer. Je n'ai pas besoin de vous
Trees and bamboo forestTrees and bamboo forestTrees and bamboo forest

They're so tall!!!!!
dire que j'ai tout de suite aimé ces gens. Ça nous a sérieusement donné le goût, à Julien et moi, de faire pousser des shiitake quelque part dans le futur. Le seul hic durant le mois aura été ce satané froid persistent (surtout dans la maison ) que les Japonais endur

Maintenant, nous sommes arrivés à Osaka, Julien travaille à chanter des petits chansons à des enfants et c’est pas mal ça. Il commence à faire plus chaud (manger de la chnoutte avec vos 25 degrés!) et les sakura sont sur le point de fleurir. Ah oui et la semaine prochaine je m’embarque pour un petit deux semaines de bénévolat dans les régions touchées par le tsunami de l’an dernier. Ne m’étant pas trouvé de travail, je me suis dit que je pourrais bien remettre la pareille à un pays qui m’a tant donné jusqu’à maintenant. Je pars avec It’s Not Just Mud (INJM). Pour les petits papa poulets et mamans poules, faut pas s’inquiéter, c’est en dehors de la zone de radiation. Dans les médias on ne parle que de Fukushima, mais ce sont des dizaines de villes et villages qui furent anéantis durant le tsunami, et des dizaines de milliers de vies aussi. En gros, j’aiderai au nettoyage des maisons et à l’organisation d’événements.

À plus, je m'ennuie de vous

Melanie


Additional photos below
Photos: 53, Displayed: 31


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Si Dieu se réincarnerait, il le ferait sûrement dans un shiitake. (je pense que j'ai trop mangé de champignons)
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Joli n'est-ce pas.
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Notre dernière récolte. En fait c'est la moitié. À trois personnes, ça nous a pris 3h30.
KORO-Chan!KORO-Chan!
KORO-Chan!

Le chien le plus cute du Japon.
Casserole Acadie-JapanCasserole Acadie-Japan
Casserole Acadie-Japan

Toute une réussite :)
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First time pizza from scratch. Quand il faut que tu remplaces la moitié des ingrédients par quelque chose d'autre qui lui ressemble parce que ça existe juste pas ici, y'a de quoi être fière :)


8th April 2012

Parler Japonnais!
C'est vraiment super que tu saches parler en Japonnais, ça doit vraiment te permettre de percevoir encore plus la culture, même si tu sembles pas tout comprendre la profondeur et le complexité des rituels. Tu dois vraiment avoir pratiquer et là tu vas revenir vraiment trilingue! J'ai hâte de t'entendre parler un peu, car je vais te le demander! xxxxxxxx
15th April 2012

haha, je pratique pas tant que ça. J'aurai rajouté une centaine de mots à mon vocabulaire mais c'est pas mal ça. Je sais maintenant comment dire "agriculture organique" par exemple, hihi.
15th April 2012

Natsukashii
Did you drilled the holes for the mushrooms ? I'm dreaming of going back to Japan ..
15th April 2012

non, on a pas fait les trous, seulement récolter :) ah oui on a aussi garroché des billots de bois dans l'eau pour que les shiitake poussent mieux :) Tu aimeras ça je crois :)
15th April 2012

More questions
Hey hey! On est presque sur le même fuseau horaire. Quelques minutes entre ma question et ta réponse. Next wwoof - Quelle est la durée maximum d'un wwoof? Serait-il possible de faire un wwoof et d'envoyer des CVs aux écoles et d'aller aux entrevues.
16th April 2012

check sur le site wwoof Japan, tout est là! pour la durée ça dépend de chaque host. et pour les congés aussi. Nous on avait une journée par semaine et on allait à Osaka pour que Julien fasse ses entrevues.

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