ChörtensUne rangée de chörtens (stupas en tibétain) juste avant d'arriver à Deqin.Cette fois nous sommes bien au Tibet !
Voilà donc la suite de mes aventures dans le nord du Yunnan. Je rappelle que nous sommes a Quiatou et que nous venons de terminer le trek des gorges du saut du tigre. Désolé, pas beaucoup de photos pour cette entrée, j'ai laissé Nenez en prendre avec son appareil.
Après quelques minutes de bus-stop, un bus s'arrête et nous sommes partis pour 2h de route. Nous ne comptons pas rester longtemps à Shangri-La avec Nenez car nous voulons aller directement a Deqin, encore plus au nord et encore plus au Tibet. Après avoir pris notre lit d'auberge, nous allons en ville avec les étudiants en médecine pour flâner dans la vieille ville, plus petite et moins touristique que Lijiang mais qui reste très sympa, d'autant plus qu'il y a une proportion anormalement élevée d'occidentaux. Dit comme ça cela peut choquer mais veut tout simplement dire que nous sortons des sentiers battus, là où les caravanes de bus touristiques chinois ne passent plus beaucoup. Nous visitons un temple bouddhiste, commençons par faire tourner un énorme moulin a prière (on doit se mettre a 5 pour le faire démarrer), entrons à l'intérieur (je me fais engueuler par un vieux parce que j'ai
le malheur d'en faire le tour dans le sens inverse des aiguilles d'une montre), puis retournons en ville prendre l'apéro avec diverses brochettes et une bière bien fraiche (encore que ce n'était pas le plus nécessaire, il fait déjà frais à 3200 m d'altitude !) et enfin mangeons des spécialités tibétaines. Sur le chemin du retour a l'hôtel, nous cherchons encore un endroit ou passer le reste de la soirée car après tout il n'est que 20h30. A un moment Nenez et Alix disparaissent de notre champ de vision... Nous mettons quelques minutes a les retrouver, ils inspectent dans une sorte d'hôtel des bouteilles énormes remplies de liqueur et dans lesquelles marinent des fruits... Impossible de dire l'age des bouteilles, mais Nenez et Alix sont morts de rire, apparemment ils négocient le prix de verres et les patrons leur font renifler les liqueurs, et c'est vrai que ça a l'air très fort... Nous nous décidons pour une bouteille qui a l'air moins méchante que les autres car elle a encore l'odeur des fruits qui marinent a l'intérieur. Nous nous installons et c'est l'effervescence dans le petit établissement, comme si le fait de vendre leur potion a des occidentaux était ce qu'ils attendaient depuis un moment. Le "réceptionniste" (on va l'appeler comme ça) nous chante une chanson avant de trinquer, puis c'est le tour de la patronne d'en chanter une autre avant de trinquer à nouveau. Bien qu'un peu inquiets au début, la boisson nous rassure car elle n'est pas si forte que cela. Donc non cher public, nous ne finirons pas la soirée sous la table, tout au plus sommes-nous partis pour bien dormir. Les tenants de l'auberge nous donnent aussi gratuitement une galette chacun faite a partir de grains. Ca a bien un gout de grain, mais aussi une texture et un aspect rappelant la boue en voie de séchage, ni trempée, ni sèche, de la boue bien collante quoi. A la première bouchée, je pense vomir, puis réussis a péniblement l'avaler (elle ne fait pourtant même pas 10 cm de diamètre). Les réactions autour de la table basse sont variées : Nenez mange avec ardeur et avec le sourire bien sûr, Alix file la sienne à Sylvain qui planque les deux galettes qu'il a dans les mains dans un repli de son sac a dos, en espérant s'en débarasser le plus tôt possible (et ne pas tomber dans une rivière entre-temps).
La nuit se passe au contraire mal. L'altitude, les 5 cm de matelas directement poses sur une planche nous font passer une nuit comme en refuge, sauf que nous sommes censés être dans une auberge... Le lendemain matin n'est pas beaucoup mieux. Nous voulions prendre le bus de 9h20 pour Deqin car le trajet doit durer 7h. Sauf qu'a notre arrivée a la gare routière, le bus est plein et il nous faut réserver pour celui de midi, ce qui va nous faire arriver tard et qui ne nous arrange pas des masses. Nous prenons pourtant ces billets et comme nous avons 3h à tuer, nous retournons à l'auberge prendre notre petit déjeuner. C'est assez surprenant : sur les 12 personnes présentes, 10 sont françaises ! Je m'attendais a ce qu'en se rapprochant des montagnes, nous verrions plus de Français (ce que j'avais observé l'an dernier dans les Andes), mais pas à ce point. Cette pause forcée à l'hôtel me permet d'écrire des cartes postales et nous y prenons une décision importante pour la suite : la dernière partie de notre périple, de Kunming à Shanghai, se fera en avion. 3h de vol au lieu de 48h de train que nous aurions eu du mal à réserver (le spectre des hard seats me hante toujours), pour 1200Y au lieu de 500... Le calcul était vite fait. Nous disons au revoir à Alix et Sylvain pour la 2e fois et cette fois partons pour de bon.
Le trajet est l'occasion de voir de superbes paysages mais encore une fois, il faudra attendre de voir les belles photos pour entrevoir de quoi je parle. Le trajet est plus rapide que prévu, 5h30 au lieu de 7 (il ne me semble pas que le chauffeur ait risqué nos vies plus que ça... pas plus que d'habitude en tout cas). Le ciel est encore encombré de nuages mais globalement, c'est le soleil qui domine. C'est une excellente nouvelle car tous ceux qui avaient été à Deqin (rappel : "q" = "tch") nous avaient dit qu'ils avaient eu mauvais temps et qu'ils en étaient vite repartis.
Sur les conseils d'un touriste chinois rencontré en route, nous partons tout de suite en taxi pour Feilai Si, une petit hameau à 20 mns de route au-dessus de Deqin, sur la route des excursions qu'il y a à faire dans le coin. En effet Deqin est au fond d'un trou (tout de même à 3550m d'altitude) et n'est pas une très jolie ville, alors que Feilai Si est plus en hauteur. Arrivés sur place, on se rend compte que ce hameau est en passe de devenir un coin très touristique. Une seule rue, petite mais bordée de nombreux restaurants et magasins de souvenirs. Des travaux partout : en face de notre hôtel, là où il y a une vue magnifique sur le massif du Meili, ils construisent une grande esplanade en bois, où un guichet fera payer la vue. Au-dessus de nous, un immense bâtiment à plusieurs étages, probablement un grand hôtel, est en construction. De même, la route est complètement en train d'être refaite. Et autres... Donc Feilai Si en soi n'a pas beaucoup de charme, mais lorsqu'on arrive à trouver une ouverture entre 2 chantiers, la vue est à couper le souffle. Nous nous situons à environ 3700 ou 3800m, puis la vue descend les pentes de la vallée du Mekong qui coule à environ 2500m, remonte une première barrière de montagnes qui doit monter à 4000m et derrière cette barrière, c'est le majestueux massif glaciaire du Meili Xueshan qui culmine à 6740m et flanqué de beaux glaciers. De plus, le soleil se couche sur ce massif, le spectacle est saisissant.
A l'hôtel où nous atterrissons, le patron qui parle anglais nous explique ce qu'il y a à faire dans le coin. En gros, nous avons 2 choix : soit nous allons voir le glacier Mingyong, un glacier qui fait l'objet d'un pèlerinage dans le coin, assez touristique, une excursion d'une journée. Ou nous pouvons aller à un autre endroit où nous pouvons y passer 2 jours complets et faire toute une série d'excursions autour de deux villages, les villages de Yubang haut et bas. Comme nous comptions passer 3 nuits dans le coin, nous choisissons la 2e option. Nous allons ensuite en "ville" chercher à manger et chercher des partenaires pour partager un taxi, car c'est assez cher pour y aller (2h de route et pas de bus, juste des taxis). Nous trouvons une coréenne (c'est plutôt elle qui nous trouve) et personne d'autre. Tous les restos sont assez bizarres, censés être de style occidental mais assez vides, de plus il est parfois difficile de trouver ne serais-ce qu'un employé, serveuse ou autre. Nous nous décidons donc pour un des seuls qui ait des clients, un resto local où on ne parle pas anglais du tout et choisissons des plats un peu au hasard, nous basant juste sur le nom de la viande que ça contient (du Yak bien entendu). Du coup on se déboîte le palais, pleurant, mouchant, soufflant pour essayer désespérément d'atténuer le feu qui brûle dans nos bouches. Assez marrant. A notre retour à l'hôtel, le patron nous a trouvé encore 2 personnes, ce qui fait que le prix du taxi sera assez bas (24Y/personne). Le lendemain sera une journée sportive, je donnerai plus de détails la prochaine fois (probablement dans 2 jours car demain je prends l'avion pour la France !).
Part of trip:
Chine août 2008