Tout d'abord, la censure : ici a Xi'an, impossible d'aller sur les sites du Monde et du NYT, comme quoi ils n'ont pas du l'assouplir tant que ca. Mais on peut quand meme aller sur yahoo news.
Voici donc mes impressions de Shanghai.
Deja, le climat est insupportable. Il fait assez chaud (34-38 C), mais surtout, tres humide. Pour comparer, la ou je me trouve presentement, a Xi'an, dans l'interieur du pays, il fait encore plus chaud mais ne plus sentir l'humidite fait que c'est tout de meme bien plus agreable. L'humidite fait transpirer au repos, rend difficile la respiration, et fait que tout sent mauvais... Toutes les odeurs de bouffe sont amplifiees, se melangent, les odeurs de nouilles, d'epices comme d'egouts. C'est vite ecoeurant. Heureusement, comme je l'ai deja dit, il y a la clim presque partout, dans les magasins, le metro, chez Nenez... Par contre ils y vont a fond et on se prend facilement 15 C de differences de temperature dans un sens ou dans l'autres tous les 1/2h, il parait que c'est tres propice aux maladies, surtout si l'on combine tout ca a la pollution, qui est partout aussi. Je ne peux pas trop la differencier du reste donc je n'en parlerai pas trop, mais les non-chinois a qui j'ai parle se plaignent de multiples troubles causes par la pollution. On peut dire que le ciel est gris meme quand il fait beau, mais ayant traverse une bonne partie du pays en train hier et aujourd'hui, je peux dire que c'est partout pareil, meme au fin fond de la campagne : une sorte de brume jaunatre omipresente, qui limite la portee du regard a un ou deux kms.
Le premier soir, a la sortie de l'avion, Nenez m'emmene sortir en suivant une de ses colocs. Tout d'abord pizzeria (top depaysement...) et on rejoint deux autres francaises, dont une, peut-etre un peu plus jeune que moi, qui habite depuis 3 ans a Shanghai. Nenez n'est pas fan de cette ville et n'arrive pas bien a piger comment on peut vouloir y rester. Elle lui dit que c'est juste comme ca, qu'elle aime bien mais qu'elle pourrait revenir, pretend que la ville est tres animee (alors qu'en fait pas des masses pour une ville de 13 Mions d'hab). En fait elle a perdu tous ses jobs et travaille dans un salon d'esthetique sous la ferule de chinois et des riches clientes chinoises, alors qu'elle avait une bonne situation avant. Sa sante se degrade, sa paye aussi, tout ce qui lui reste est son appart de 150 m2. Une bonne expat caricaturale, qui vit dans une sorte de luxe decadent tout en pretendant ne pas avoir change, alors qu'en fait, et ca parait evident, elle ne veut pas redevenir quelqu'un de juste normal en France, mais n'a pas assez de suite dans les idees pour tenter sa chance ailleurs. On arrive dans un bar super classe, un groupe joue : chanteur blanc, groupe chinois. Un endroit sombre, beaucoup d'etrangers, autant de serveurs que de clients, le grand luxe. Ca plus la petite expat qui moisit dans son trou, j'ai l'impression d'etre dans le Shanghai mythique et decadent des annees 1870-1930. Nenez me dit que c'est pas trop son genre ce type de soirees, et je veux bien le croire.
Le deuxieme jour est en fait assez court, je me reveille a 8h du mat... heure francaise, soit 14h en Chine. Je me grouille de sortir, me fait halpaguer par une peintre qui me propose ses peintures. C'est pas mal je lui en achete 2 (pour le prix d'une) mais n'ai plus le temps d'aller dans des jardins du XIVe qui etaient ma destination premiere. J'ai le temps de filer a Pudong, le quartier des gratte-ciel (disons celui ou il y a les plus grands car tout est gratte-ciel ici, vu de l'appart a Nenez on se croirait dans le film Brazil). Je galere a arriver au pied du plus grand (420m de haut) car les distances sont grandes, on est piege par la hauteur des buildings. C'est un tres beau batiment, le 5e plus haut du monde, meme si sa voisine en cours d'achevement va venir se placer a la 2e place avec 460m. Vu de l'exterieur elle est terminee, seuls quelques vitres ouvertes trahissent son etat en travaux. Pour en revenir a notre tour Jinmao (car c'est comme ca qu'elle s'appelle), vu d'en haut c'est tres impressionnant de voir ce brouillard qui etouffe tout la ville : on voit a peine la mer, pourtant situee a a peine une 10aine de kms de la. Les grattes-ciel qui paraissaient immenses vu d'en bas sont maintenant tous petits.
Le soir, nous mangeons (dans toute cette precipitation je n'avais pas mange depuis 24h) et nous faisons un tour en ville sur l'artere principale (Nanjing Xilu), bariolee d'ecrans geants et de neons, jusau'a la riviere et au Bund, une rue qui longe la riviere de la ville et qui etait le symbole de la mainmise des occidentaux sur la ville (et la Chine), avec de nombreux batiments qui feraient penser que l'on se trouve dans le Chicago des annees 20... N'etaient tous ces chinois.
Le lendemain ne sera pas a marquer dans les annales non plus. Comme je dois partir dans la soiree pour Xi'an tout seul, et que je dois rejoindre Nenez le 12 a Hohhot (Mongolie interieure, donc toujours en Chine), et qu'a Xi'an je dois retrouver des copines a lui, le plus simple est que j'aie un num de telephone chinois. Impossible de debloquer mon portable, il faut donc que j'en achete un neuf.
Je me retrouve dans un grand mall plein de vendeurs d'informatique, d'appareils photo etc. Il a l'air d'etre ultra-moderne, avec des vitrines blanches, brillantes et arrosees de neons comme chez nous, parcouru d'escalators, et avec le meme agencement qu'un bon vieux Darty. Sauf qu'en fait, ce sont plein de petits vendeurs qui vendent tous la meme chose, au final la seule chose qui differencie Xiujiaoahui d'un marche de plein air est la clim et l'atmosphere (apparemment) aseptisee. Ne parlant pas chinois, j'inaugure une technique que je compte developper mais qui n'a pas vraiment porte ses fruits jusqu'ici : faire des tours dans les rayons jusqu'a me faire heler par des vendeurs. Vu ma tronche, je compte ainsi me faire heler par des gens bredouillant anglais, les autres se contentant a mon passage de brusquement se taire et de me regarder d'un air terrorise, comme un eleve ayant peur de se faire interroger.
Les 3 vendeuses qui m'ont hele ne parlent en fait quasiment pas anglais, elles ont juste gueule. Je leur dis que j'en veux un pas cher, elles m'en sortent un a 600Y (60 E). Comme Nenez m'avait dit de negocier jusqu'a 200Y, je fais un non consterne. Elles m'en sortent donc deux a 400Y, meme air, mais en fait on ne negocie pas du tout : elle remballent et me font signe qu'il n'y a rien pour moi. Soudain, il y en a une qui sort le sien, elle me le propose 280. Comme j'etais un peu desabuse de ce qui venais de se passer, j'accepte. L'autre du coup me montre le sien, me propose le meme prix, elles comnmencent a comparer les leurs, petees de rire. J'en prends un, me dis que j'ai fait une affaire et m'en vais, l;es deux toujours petees de rire. En chemin je me dis que passer d'un neuf a 400 a un vieux a 280, je me suis bien fait entuber au final, j'aurais pu renegocier et faire chuter le prix, mais bon, je ne suis pas tres fort en negoce. Au moment de reprendre le metro :
"MEEEEEEEERDE j'ai pas de chargeur !!!"
Je remonte vite fait, me plains, le patron engueule les vendeuses (une des 3 commence a s'occuper d'un client, l'autre esquive habilement en allant rendre visite a une collegue a l'autre bout du hall et celle qui m'avait vendu l'engin n'est pas la). Le patron retourne ses tiroirs pour me trouver un chargeur Nokia qu'il essaie de me vendre 20Y. Comme je venais de me dire que je m'etais fait entuber et que la "vendeuse" venait de revenir, je dis que c'est de sa faute. Du coup elle me sort avec un air vexe un des neufs a 400 qu'elle n'avait pas voulu negocier et me le fais a 300, et hop, un portable tout neuf ! Peut-etre que tout ceci etait une mise en scene, tres probablement j'aurai gagne plus en negociant le tel et en achetant un chargeur, mais bon, j'etais assez content de moi.
Finalement, cette journee sera peut-etre a marquer dans les annales... De toute facon chez moi elles sont toujours volumineuses, je dois tenir ca de ma grand-mere.
La journee se termine a la gare, direction Xi'an, ancienne capitale de la dynastie des Zhou, de Qin Shi Huangdi (l'unificateur du pays, vers 220 av. J-C), des Han (a peu pres contemporains des Romains) et des Tang (dynastie marquant traditionnellement l'apogee du pays et de la ville, contemporains des premiers arabes et de Charlemagne, en gros). Classe la plus elevee des trains, 4 couchettes dans des compartiments fermes, et comme d'hab la clim. C'est parti pour 21h et 1500 km de trajet...
Je pense que le prochain opus sera un retour sur les chinois. Deux phrases a retenir :
"Oh mais qu'ils sont nombreux ces chinois"
et :
"Mais qu'y sont cons ces chinois" (je vous expliquerai).
Part of trip:
Chine août 2008