Hohhot et la Mongolie interieure


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August 19th 2008
Published: August 26th 2008EDIT THIS ENTRY

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du 12 au 16 aout : Hohhot et la Mongolie interieure

Hohhot de nuitHohhot de nuitHohhot de nuit

Vu depuis l'appart de Sophie.
Je n'ai pas eu le temps de decrire Hohhot la derniere fois, mais ca devrait etre assez court. C'est une ville assez bizarre, dont l'agglomeration compte a peu pres 2 millions d'habitants, qui m'a parue assez riche (disons qu'il y a les memes quartiers modernes qu'ailleurs mais que les quartiers pauvres ont l'air plus propres et un peu moins nombreux). Et pourtant, c'est completement paume, cela faisait tres bizarre de se trouver la ou tres peu d'autres occidentaux se trouvaient sans pourtant etre au milieu d'une foret vierge ou d'un desert aride. Population d'expatries : une 20aine de personnes, dont la moitie bosse pour une boite qui donne des cours d'anglais. Quant a la Mongolie interieure, c'est une region autonome, ou toutes les ecritures chinoises sont doublees d'une ecriture mongole qui m'intrigue un peu, car je me demande si elle n'a pas ete creee de toutes pieces, comme les sovietiques l'ont fait dans certaines de leurs regions. Elle ne ressemble en tout cas a pas grand-chose, comme des petites guirlandes verticales que l'on aligne horizontalement.

Nous logions chez Sophie, etudiante en M2P eaux souterraines a Dolomieu, Grenoble (mais que je ne connaissais pas pour autant avant) et qui faisait son stage ici, chez Veolia. Car apparemment ils creusent des puits dans le coin pour l'alimentation en eau... Son stage lui plaisait, mais le coin beaucoup moins.

Le lendemain de notre arrivee a Hohhot, nous partons en excursion dans les steppes. Ali, la copine guide de Sophie, nous a prepare un programme qui avait l'air pas mal : nous devons prendre le bus a Hohhot, descendre a un moment dans la steppe et un type doit nous accueillir, nous donner a manger des specialites mongoles et nous louer pour une nuit sa yourte. Sauf que nous avons du rater un bus, sommes partis a 10h30 de la gare et 2h apres personne ne nous a attendu a la sortie du bus. Entre-temps, dans le bus, Nenez avait entame la conversation avec un petit groupe d'etudiants de Pekin et Xi'an qui se rendait chez une copine mongole rencontree pendant les etudes et dont le pere vivait dans un camp de yourtes pas loin. Ils sont d'ailleurs eux aussi tous mongols. Comme le plan original a l'air de tomber a l'eau, nous les suivons, pour le meilleur ou pour le pire... Nous nous retrouvons donc au bord d'une route au milieu de
Dans la yourteDans la yourteDans la yourte

Discussion buisness dans une yourte... Ca ne rigole pas.
la steppe (c'est-a-dire a peu pres rien) et sur laquelle est plantee une petite nana qui nous attend avec une moto. Elle emmene Nenez qui part au loin et disparait derriere l'horizon... Moi et le reste des chinois (mongols) partons a pied dans la direction ou Nenez a ete enleve. Au bout de 10 mns, la moto reapparait et m'emmene a son tour et je rejoins Nenez dans un petit village de yourtes ou nous passerons la nuit.

Ce village n'est pas forcement ce qu'on se represente. C'est en fait un village touristique, une sorte d'hotel de yourtes et les habitants habitent un peu a l'ecart mais dans le meme genre de yourtes, en un peu plus grand. Les yourtes ont des fondations et un sol en beton ainsi qu'une armature en metal. L'impermeabilite quant a elle est assuree par une bache en plastique entre les peaux. Donc bon, on est loin de Ghenghis Khan... Pour continuer dans le kitsch, les jeunes avec qui nous sommes arrives sortent d'on-ne-sait-ou des costumes mongols que nous enfilons, ce qui donne lieu a une bonne heure de rigolade, avec Nenez comme a son habitude en roi de la fete. Mes partenaires de
Balade a chevalBalade a chevalBalade a cheval

Notre groupe de cavaliers, avant que Morel ne fasse des siennes.
choregraphie en 2004 auraient ete verts de jalousie... Nous partons ensuite un peu a cote faire un tour a cheval mongol, plus petits que nos chevaux a nous heureusement. En effet le mien est quelque peu caracteriel, si ca avait ete un des specimens qui peuplent nos ecuries, j'aurais probablement une jambe cassee a l'heure qu'il est. Tout d'abord, impossible de le diriger, ni moi ni le guide n'arrivons a le faire suivre le reste du groupe. De plus, il s'arrete souvent pour brouter avec pour seule reponse une petite ruade lorqu'on essaie de l'en detourner... A un moment il s'arrete, mais pour poser sa crotte cette fois. Echange entre Nenez et moi a ce moment :
Nenez : "Oh mais ton cheval il bouffe et il chie, c'est tout !"
Nous deux, en choeur : "Eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeh c'est Moreeeeeeeeeeeeeeeeeeeel !!!" (l'interesse se reconnaitra s'il lit ce blog).
Au fur et a mesure de la balade, Morel s'enerve progressivement, peut-etre de ma faute mais il ne me semble pas que j'etais particulierement tendu (sur le qui-vive tout au plus, mais je suppose que ca suffit pour stresser un cheval). A un moment, le guide essaie de le prendre en charge et
Notre yourteNotre yourteNotre yourte

Nenez devant notre yourte.
l'attache a son propre cheval. La suite reste confuse, je n'ai pas bien saisi l'enchainement des evenements... A peine une minute apres que Morel ait ete attache, je vois le cheval du guide partir en courant alors que le guide marchait a cote (ce qui suppose que soit le lien n'etait pas solide ou fait expres pour ne pas resister aux chocs violents, soit que le guide a reussi a detacher en un eclair le lien), puis ca commence a remuer severe pour mes fesses... En regardant l'ombre de mon cheval, je me rends compte que je suis en plein rodeo. Heureusement, comme j'avais senti Morel un peu tendu et avait vu le coup venir, j'avais juste insere la pointe des pieds dans les etriers et par une manoeuvre que je ne pourrais decrire, un melange de chance quand mon pied gauche est sorti de l'etrier au lieu de s'enfoncer plus en avant et de je-ne-sais-quoi quand j'ai pose ce pied gauche par terre alors que mon pied droit etait toujours dans l'etrier et que le cheval ruait, je me suis retrouve intact, les deux pieds par terre, mon cheval ruant toujours puis concluant par un galop dans la steppe...
Desert de GobiDesert de GobiDesert de Gobi

Pas loin de Baotu.
Je change de cheval, un roux (si le Roux lit ce blog aussi, il peut imaginer quelle fut notre reaction... on se sentait comme a la maison), qui lui m'offre un galop au bout de 5 mns. En fait, ce qui s'est passe a ce moment est que le groupe de chevaux a du avoir peur de quelque chose et est parti en courant, avec nous dessus, sans que le guide ne gere quoi que ce soit... Difficile de dire ce qui faisait peur aux chevaux, mais il etait clair que les chinois qui nous accompagnaient avaient peur, ce qui a du se transmettre aux chevaux. Tout s'est fini par la chute d'une des chinoises qui nous accompagnaient de son cheval en plein galop, heureusement sans consequences (a part une petite crise de larmes bien sur).

Exactement a ce moment, un groupe de minibus constituant un de ces voyages organises dont les chinois raffolent (et que leur manque chronique d'initiative rend indispensable) arrive pour assister a un spectacle de cavalerie mongole, donc pas le temps pour nous de s'ennuyer. Au programme : course de chevaux (Morel arrive dernier, il trotte a peine...), ramassage d'objets au sol en plein galop
Caravane dans le desertCaravane dans le desertCaravane dans le desert

Nenez a le bob bleu et rouge.
et lutte mongole (sans cheval, une sorte de judo). Au bout de 20 mns le spectacle est termine, la cohorte de bus poursuit son periple et nous rentrons a nos yourtes. Le reste de la soiree est passe avec les etudiants. Nous apprenons qu'ils ont entre 18 et 21 ans et sont visiblement surexcites par notre presence, c'est assez rigolo. Ils essaient de nos apprendre des jeux chinois, le genre de jeux qu'on joue a l'ecole (marabout, bout'ficelle...), mais il est relativement difficile de jouer a des jeux chinois en chinois avec des mots chinois quand on ne parle pas chinois. Bref, c'est la cata et nous essayons a notre tour de leur apprendre le trouduc (du coup j'ai reappris) avec un certain succes vu que le jeu est a base de cartes. Au moment de commander repas, ils demandent 2 bouteilles de baijio (liqueur), 600 mL la bouteille d'alcool a 60%. Impossible pour nous de boire un truc pareil mais un des jeunes veut faire le malin et boit un cul-sec. On ne l'a plus tenu de la soiree... Comme c'est plutot la campagne, qu'il n'y a pas de playstation et que personne (a part le petit) n'est chaud pour des jeux a boire, il ne reste pas beaucoup de solutions. J'ai donc revecu mon enfance grace au papier-marteau-ciseaux, au 1, 2, 3 soleil et au loup glace, en m'efforcant de me rappeler toute la soiree que j'etais en these, bac+7, 25 ans, pas trop bete, etc (il semble qu'en general les chinois soient matures plus tard que nous, ou alors qu'ils en aient une notion differente). Ce fut une epreuve d'humilite qui fort heureusement se termina avec le coucher du soleil. Nous nous retrouvons bientot a un autre endroit de la steppe (oui je sais c'est confus mais c'est normal, on n'y voyait goutte) ou un spectacle mongol est organise, et nous retrouvons le groupe de touristes, dont un couple d'occidentaux, des americains de Boston et NY, bien allumes au baijio. Le spectacle m'a fait beaucoup rire, une perversion totale des chants et des danses mongoles, avec des chanteurs prenant des postures a la Eddy Mitchell... Nenez a son moment de gloire lorqu'il est invite a essayer de jouer a une sorte de violon, en sort une sorte de son bizarre puis veut faire le comique en empoignant l'instrument comme une guitare. Une seule personne dans le public
Ma file d'attenteMa file d'attenteMa file d'attente

La queue que j'ai entierement deplace rien qu'en me decalant d'un metre sur le cote...
a rigole... C'etait moi.

Pour Louis qui veut aussi la partie intestinale de mon voyage : la journee n'a pas ete facile... Et la nuit fut tres dure, j'espere que lorsque les proprios de l'hotel de yourtes construiront le batiment qu'ils ont prevu de construire avec gros tas de pierres qu'ils ont amasse, ils passeront un coup de jet sur ces pierres.

Le lendemain, grasse mat jusqu'a midi puis nous rentrons sur Hohhot dans la voiture d'un particulier qui nous fait payer autant que le bus, glandouillons un peu dans un parc en regardant les JO puis rejoignons Sophie. Apparemment, il y a eu une petite embrouille avec Ali : elle s'attendait a ce que la veille, nous l'appelerions pour qu'elle puisse dire a la famille de preparer a manger. Sauf qu'elle ne nous avait pas vraiment prevenu, nos portables etaient eteints, elle s'etait inquiete, etc... Le soir nous tentons de voir un spectacle son & lumieres qui se joue sur la riviere de la ville. Nous sommes rejoints par une amie bresilienne de Sophie qui a l'air un peu a l'ouest et ne cesse de proposer d'aller boire une biere. Rien a faire, nous avons beau lui dire que le spectacle commence dans 10 mns et qu'il n'y a pas le temps d'aller en chercher, elle ne cesse de repeter machinalement qu'on pourrait quand meme aller prendre une biere. Heureusement pour elle, une pluie glacee interrompt le spectacle au bout de 5 mns et nous filons... boire une biere dans un petit resto. 1 an a Hohhot a fait de cette petite brune de 25 ans une alcoolique, en tout cas ca y ressemble beaucoup. Nous nous quittons car la soiree n'est pas facile pour moi (speciale dedicace a Louis) alors que la petite bresilienne s'achete 1 L de biere pour la nuit.

Le lendemain, o miracle : je n'ai plus mal au ventre, ou presque (desole Louis, c'est deja fini). Ca tombe bien, nous avons de la route car Ali nous a concocte une excursion d'une journee dans un des avant-postes du desert de Gobi. Apres avoir poireaute une heure devant l'appart de Sophie puis avoir ete balade en pick-up dans la ville, nous rejoignons un bus de touristes. Bien que je me sois legerement moque des bus touristiques, ils ont un avantage indeniable : ils sont plein de gens un peu comme nous, en tout cas avec qui nous pouvons communiquer. Il y avait donc parmi les anglophones un chinois qui bossait pour la representation du gouvernement de Catalogne a Shanghai, une prof de geographie et un ami a elle, tous deux hongkongais, une fille de 7 ans assis a cote de Nenez et qui en profitait pour le draguer ("you are a handsome boy !") et un couple anglo-irlandais de jeunes medecins. La bonne ambiance donc, mais une journee un peu sur les chapeaux de roues. Dejeuner a 10h, et les serveuses continuent d'apporter des plats alors que nous commencons deja a repartir. Sinon le desert est en fait une zone de dunes, qui s'etend d'un cote plus loin que le regard ne porte, mais nous sommes quand meme quand meme au tout debut du desert. Sinon c'etait de la belle dune, que nous avons d'abord parcouru dans une sorte de gros camion sans toit a fond les ballons (pas etre tres ecolo), puis un tour en chameau et pour finir une seance de devalage de pente en courant. La location de luges etait de 15Y la descente et allait bien moins vite qu'un grenoblois habitue des pierriers. De maniere generale, tout etait fait pour soutirer un max d'argent au touristes. Vous allez me dire que c'est normal, mais la c'etait particulierement flagrant. Le soir, nous arrivons a Hohhot assez tard et decidons donc de zapper la visite d'une usine laitiere. C'etait un peu de trop, et meme pas prevu...

Le dernier jour a Hohhot commence par une bonne grasse mat, se poursuit par un resto mongol (dommage, je n'etais pas encore assez sur de moi pour trop gouter aux fromages) et se conclut par la visite du musee de Mongolie interieure, situe dans un batiment impressionnant et flambant neuf construit a l'occasion des 60 ans de l'existence de la region autonome (les pointilleux trouveront une petite incompatibilite avec la celebration des 60 ans de la Republique Populaire de Chine, qui se deroulera l'an prochain). Rien que la file d'attente a ete l'occasion d'observer deux chinoisetes bizarres. Premierement, les 500 premiers billets de la journee sont gratuits. Sauf qu'ils ne sont istribues qu'entre 13h et 14h puis entre 15h et 16h. Donc quand nous nous pointons a 14h15, une longue queue s'est deja amassee devant le guichet et ne bougera pas avant 45 mns. Deuxiement, au bout d'un petit moment d'attente, je remarque un t-shirt sur une demoiselle ecrit dans un francais approximatif et me decale d'un metre sur la droite pour le prendre en photo. Instantanement, toute la file se decale en bloc sur la droite pour se realigner derriere moi. Je vous laisse regarder la photo pour voir le nombre de gens que ca represente, c'est assez impressionant et nous a valu une nouelle bonne tranche de fou rire.

Pour finir, nous nous rendons le soir a l'aeroport pour prendre un avion qui nous emmenera dans le sud de la Chine, a Chengdu plus precisement, capitale du Sichuan. La Mongolie interieure a ete une etape sympa, pas forcement inoubliable mais nous a permis de bien nous reposer car nous en avion tous les deux bien besoin. La suite du voyage sera toutefoi un niveau au-dessus... Suite aux prochains episodes !

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26th August 2008

Merci...
J'apprécie la spéciale dédica-casse... J'étais intrigué sur le moyen de transport te rendant à Chengdu (en gros je n'espérais plus te revoir en septembre si tu partais en chameau...), si tu prends l'avion je comprends mieux. Merci pour ces nouvelles, nous attendons la suite ! Louis.

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